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BANI : repenser le management et la stratégie à l’ère de l’incertitude

Pendant des décennies, le concept de VUCA (volatilité, incertitude, complexité et ambiguïté) a servi de boussole aux dirigeants pour naviguer dans une économie mondialisée et instable. Ce cadre offrait encore des repères : analyser, planifier, décider, ajuster.


Mais depuis 2020, cette grille de lecture montre ses limites. Nous ne sommes plus seulement confrontés à un monde complexe ; nous évoluons dans un environnement qui se fragilise, s’accélère et réagit de manière de plus en plus imprévisible.


Les crises successives, l’accélération technologique et la pression croissante sur les individus ont fait émerger une réalité plus brute, plus émotionnelle et plus difficile à maîtriser : le monde BANI. Un monde fragile, anxieux, non-linéaire et parfois profondément incompréhensible, dans lequel les organisations peuvent vaciller malgré des apparences de solidité.

 

Que signifie le concept de BANI et en quoi se distingue-t-il de VUCA ?

BANI décrit un environnement fragile (brittle en anglais), anxieux, non-linéaire et incompréhensible. Là où VUCA évoquait une instabilité encore analysable, BANI met en lumière la vulnérabilité des systèmes et des personnes qui les composent. Les organisations ne sont plus seulement confrontées à l’incertitude, mais à des équilibres internes fragiles, susceptibles de se rompre rapidement.


La fragilité BANI ne signifie pas l’absence de performance. Bien au contraire : de nombreuses entreprises fonctionnent à un haut niveau d’efficacité, tout en disposant de peu de marges de manœuvre. La pression sur la productivité, les logiques de court terme et l’intensification des rythmes de travail renforcent cette exposition aux ruptures soudaines.


La dimension anxieuse renvoie à un climat collectif marqué par la surcharge informationnelle, la difficulté à hiérarchiser les priorités et le sentiment de perte de contrôle. Cette anxiété s’exprime souvent par une prudence excessive, une baisse de la prise d’initiative et un ralentissement de l’innovation.

La non-linéarité rend plus difficile la compréhension des liens de cause à effet, tandis que l’incompréhensibilité complique la création de sens et la projection dans l’avenir. BANI ne remplace pas VUCA, il le complète, en déplaçant le regard vers des enjeux plus humains, relationnels et culturels.

 

Quels sont les défis et les opportunités d’un monde BANI pour les organisations ?

Le monde BANI confronte les organisations à des défis structurels. La fragilité des systèmes, souvent optimisés pour la performance à court terme, limite leur capacité à absorber les chocs. Le climat anxiogène et la surcharge informationnelle fragilisent l’engagement, conduisant à une baisse de la prise d’initiative et de l’innovation. Enfin, la non-linéarité et l’incompréhensibilité compliquent la prise de décision et brouillent le sens, au risque de générer immobilisme et perte de confiance.


Mais ces défis ouvrent aussi des opportunités décisives. Le monde BANI agit comme un révélateur et oblige les organisations à se transformer en profondeur. Il offre l’opportunité de refonder une culture d’entreprise authentique, fondée sur la sécurité psychologique, la confiance et une agilité réellement vécue. Il pousse également à simplifier les structures et les processus, en éliminant les lourdeurs bureaucratiques qui freinent la réactivité et l’autonomie. Enfin, dans un environnement difficile à anticiper, les organisations redécouvrent une certitude stratégique : la force du collectif, la qualité des relations et l’intelligence collective deviennent les leviers les plus fiables de performance durable.


Dans ce contexte, accompagner les organisations ne consiste pas à appliquer des modèles standardisés, mais à travailler sur leur réalité propre. C’est précisément dans cette logique que s’inscrivent les démarches d’accompagnement de Valeur Plus, qui visent à renforcer la culture d’entreprise, l’engagement et la capacité collective à faire face à l’incertitude, en tenant compte des spécificités de chaque organisation.


Comment évoluer stratégiquement dans un environnement BANI ?

Évoluer dans un monde BANI suppose de revoir la manière de concevoir la stratégie. La recherche permanente de l’optimisation montre ici ses limites : viser systématiquement le coût le plus bas fragilise les systèmes et réduit les marges de manœuvre.


Une première évolution consiste à privilégier la résilience plutôt que l’optimisation. Construire des marges de sécurité, accepter certaines redondances et investir dans la robustesse des organisations permet d’absorber les chocs et de tenir dans la durée.


La stratégie doit également devenir plus vivante et situationnelle. Dans un monde non-linéaire et incompréhensible, elle ne peut plus être un document figé. Elle s’inscrit dans un processus continu de « test and learn », nourri par les retours du terrain et les signaux faibles, en rapprochant la prise de décision de l’opérationnel.





Développer cette intelligence de situation suppose un travail fin sur les pratiques de leadership, la gouvernance et les modes de décision. Les accompagnements stratégiques et managériaux de Valeur Plus s’inscrivent dans cette dynamique, en aidant les dirigeants et les équipes à passer d’une logique de planification figée à une capacité d’ajustement continu, ancrée dans le terrain.


Enfin, aucune stratégie BANI ne peut fonctionner sans un socle fort de sécurité psychologique. Pour contrer l’anxiété ambiante, la culture d’entreprise doit permettre d’exprimer des doutes, de reconnaître des erreurs et de questionner les décisions sans crainte. Ce cadre est le prérequis indispensable à l’apprentissage, à l’innovation et à l’engagement durable.

 

Quels sont les bons leviers pour manager en mode BANI ?

Manager en mode BANI repose avant tout sur une évolution de posture. L’expertise reste essentielle, mais elle doit être complétée par de solides compétences émotionnelles et relationnelles : écoute, clarté dans la communication, régulation émotionnelle et capacité à instaurer la confiance.


Le manager devient un repère et un facilitateur. Il soutient la prise de décision collective, encourage l’expérimentation et transforme l’erreur en opportunité d’apprentissage. Dans un environnement non-linéaire, cette capacité à faire apprendre l’organisation constitue un levier clé de performance.

 

Quelle place pour la fonction RH dans un monde BANI ?

Dans un monde BANI, la fonction RH devient un acteur stratégique central. Il ne s’agit plus seulement de gérer des processus, mais de soutenir la résilience et la durabilité de l’organisation.


Le développement des compétences transversales, l’accompagnement managérial, la prévention de l’épuisement et la sécurisation des parcours professionnels deviennent des priorités structurantes. Recrutement, assessment, formation et coaching gagnent à être pensés comme un ensemble cohérent, aligné avec les enjeux humains et stratégiques.

 

Et maintenant, comment avancer concrètement ?

Le monde BANI ne se maîtrise pas, il se traverse. Les organisations les plus robustes ne sont pas celles qui cherchent à éliminer l’incertitude, mais celles qui investissent dans leur solidité humaine, leur capacité d’apprentissage et leur cohérence interne.


Chez Valeur Plus, nous accompagnons les entreprises et les managers dans ces transformations en articulant stratégie, management et RH : développement du leadership, accompagnement managérial, assessment, coaching et structuration des pratiques RH. Parce que dans un environnement fragile et imprévisible, la performance durable repose avant tout sur la capacité des femmes et des hommes à comprendre, décider et évoluer ensemble.



Réalisé par Cassandra Kunkel, responsable communication


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